CONCOURS D’ELOQUENCE

Cinq élèves inscrits dans le module intitulé ‘’Grand Oral’’ piloté par M. MICHOUX, professeur d’histoire/géographie, ont participé aux sélections du Concours d’Eloquence du Lions Club de Coulommiers.

Trois élèves ont été retenus Clara SICARD, Sara BESSON et Clément TEILLARD, et participeront aux finales départementales du Lions Club. Ils tenteront de se qualifier pour les phases régionales puis nationales.

Les trois lycéennes et lycéens sélectionnés devaient composer un écrit sur le thème suivant ‘’Notre plus grande gloire n’est point de tomber mais de savoir se relever chaque fois que nous tombons. Confucius’’.

Ce texte a servi de support à une prestation orale à travers laquelle ils ou elles devaient mettre en avant leurs qualités d’orateur ou d’oratrice, le fond, la qualité de leur argumentation et de leur présentation.

Les prestations des trois lycéennes et lycéens qualifiés

Souvenez-vous de votre enfance ?
Quand vous couriez dans la cour de récréation, poursuivant Clémentine et Élisa, et qu’à quelques centimètres de toucher le bras d’Alicia, pour enfin ne plus être le chat, vous trébuchiez et tombiez au sol. Vous en souvenez-vous ?
À ce moment là, deux choix s’offraient à vous :
• Rester au sol, abandonner et regarder vos amis partir loin de vous.
• Ou se relever, se remettre à courir, les rattraper et continuer à jouer.
Dans le cœur d’un enfant, un seul choix et envisageable : se redresser !

Sans même vous en rendre compte, vous avez passé votre enfance à tomber pour mieux vous relever.
Et je suis convaincu, que vous continuez à le faire, encore aujourd’hui.
À chaque obstacles qui se présente à vous, à chaque impasse, à chaque entrave, aux difficultés et aux adversités, vous y faites face pour les surmonter : que ce soit par envie, fierté, défit, désir ou instinct, vous y faites face.

« Notre plus grande gloire n’est point de tomber mais de savoir se relever chaque fois que nous tombons »
Je ne saurais dire si Confucius à observé des enfants jouer ou des adultes vivre, mais il en est venu à cette citation.
À cette citation ,qui démontre, qu’il est important pour lui de savoir faire face aux épreuves de la vie pour vivre mieux et heureux.

Ici l’essentiel est de savoir se relever : savoir se sortir d’une situation fâcheuse ou pénible et d’évoluer vers un état normal satisfaisant : la définition même du terme « se relever ».

Il me serait difficile de vous forcer à adhérer à cette idée, à ce principe. Car pouvoir se relever, ne dépend que de VOUS, de votre volonté.
Il n’est pas ici question de savoir si on peut se redresser, mais de savoir si on VEUT se redresser.
Et puis à rester au sol, vous risquer de vous faire marcher dessus, par d’autres qui n’auront pas peur de rebondir.

Vous devez savoir que pour développer des compétences, on doit se confronter à des difficultés.

Un coureur pour faire un marathon va s’entraîner, s’exercer et pousser son corps au maximum de ses capacités, de celles qui pensait ne pas pouvoir dépasser.
Il va avoir mal, il va en baver, il va souffrir, mais lorsqu’il passera la ligne d’arrivée, toutes les douleurs et peines qu’il aura enduré seront oubliées face à la béatitude, à l’exaltation d’avoir réussi son objectif. De l’avoir tenu jusqu’au bout, coûte que coûte.

L’obstacle est à la fois une contrainte, mais aussi une occasion de révéler une qualité qui nous est propre. Ou d’apprendre à mieux nous connaître.
On ne peut savoir si l’on est courageux qu’à l’aune d’une adversité.

Le philosophe Nietzsche vous dirai : « ce qui ne nous tue pas … nous rend plus fort ».
Et ce dans l’idée où toutes épreuves, quel qu’elles soient, nous aide à apprendre, à grandir, à évoluer.
Ainsi si nous venons à recroiser cette épreuve, nous saurons la surmonter.

C’est ainsi que l’on apprend de nos erreurs : c’est ce qu’il faut retenir.
On ne doit pas s’attarder sur l’erreur en elle même, mais sur ce que l’on en tirera par la suite, que ce soit un épanouissement, un apprentissage ou une satisfaction.
L’erreur est le point de départ de plus grande chose, ce n’est pas une fin en soi.

Si je viens à mettre trop de lait dans ma préparation de pancake, je fais des crêpes, de très bonne crêpes, tant qu’à faire.
Et je me souviendrais pour la prochaine fois de mettre moins de lait.

La résilience, pourrait également être évoqué.
Soit, l’aptitude d’un individu à se construire et à vivre de manière satisfaisante en dépit de circonstances traumatiques.
Ce qui implique que l’on doit continuer quoi qu’il arrive, qu’il y a toujours moyen de se redresser.

Je pense, par exemple, à l’histoire d’Elia Fontaine.
Une jeune de 18 ans, joueuse de basket, qui a développé une infection à cause du covid19 et qui lui a coûté sa jambe. Elle à du être amputé pour garder la vie sauve.
Une épreuve qu’elle n’avait jamais pensé devoir affronter. Mais elle a suivie des cours de rééducation, elle s’est accroché et s’est battue. Et aujourd’hui, grâce à une prothèse, elle peut rejouer au basket.
Elle a rencontré une situation très difficile, elle l’a affronté et elle l’a surmonté.

Je pourrais également vous citer d’autres raisons pour affronter les obstacles. Des raisons plus morales, une question de jugement, au sein d’une société en constante comparaison de l’autre.
Prenons un exemple : 2 personnes passent un examen et le ratent tout deux :
• la première fait son possible pour réussir le rattrapage : elle se relève et la société la respecte pour sa persévérance.
• la deuxième s’enfonce et abandonne et elle se fait juger pour son manque de courage.
C’est donc pour vous même et au travers de la société qu’il est bon de persister et de s’entêter.
Le plus important n’est pas le défit, mais la façon dont vous réagissez à celui-ci.

Je me souviens de la lettre d’Henri Fertet, un condamné à mort de 16 ans pour la France, et qui à écrit à ses parents dans les dernières heures de sa vie.
On aurait put penser que sa lettre serait emplis d’aigreur, de ressentiment, et de rancœur. Mais ce n’est pas le cas, au contraire, Henri remercie la France, ses parents et ses proches.
Ce jeune de 16 ans, où l’épreuve était la mort, à su y faire face et y réagir d’une façon totalement honorable. Que peu de personnes du même âge auraient put faire.

Il faut toutefois définir qu’il existe différent type d’adversité. Certaines vous éprouverons sur le plan moral et d’autre sur le plan physique, ou même sur les deux. Mais dans tous les cas, le plus important est votre VOLONTÉ. Il est seul mettre de ce jeu.
Ainsi Confucius vous dirait également que « La vie de l’homme dépend de sa volonté ; sans volonté, elle serait abandonnée au hasard ».
Sans volonté, on se laisse marché sur les pieds, nous serions dominés.
On ne vivrait pas la vie, c’est elle qui nous vivrait.

Regardez les malades du cancer, il est bien connu que ceux qui veulent se battre, qui veulent survivre et vivre, ont plus de chance de survivre que ceux qui abandonnent et laissent la maladie les détruire petit à petit.
Et quelle joie pour les vainqueurs de pouvoir être de nouveau auprès de leurs proches, en bonne santé, loin de la maladie.
De s’être battue pour ça, pour y être arriver.

 

Cette idée est une chose importante qu’il faut faire comprendre à la jeune génération.
À celles qui n’ont pas eu l’occasion de se rendre compte de cette réalité que sont les épreuves de la vie.
Nicolas Sarkozy pensait la même chose, dans une interview pour Le Quotidien, il fut amené à dire ceux-ci aux jeunes :
« N’ayez jamais peur de l’échec, parce que l’échec est formateur, il apprend. On gagne jamais du premier coup, c’est très difficile de gagner, c’est un hasard de gagner, et pour gagner il faut survivre à l’échec. »
Dans le cas contraire, on stagne, sans savoir quoi faire, et sans avoir d’emprise sur son propre avenir. Qu’existe t’il de plus frustrant que de ne pas avoir de prise sur son futur et sur sa vie ?
Je sais que ce que je vous dit pourrait vous paraître dérisoire ou exagéré, mais il n’en ai rien.

Ainsi, je vous dirai donc : que ce soit pour vous, pour vos proches et amis, quoi qu’il vous arrive, dans n’importe quelle situation de la vie, qu’elles paraissent difficiles ou insurmontables, rappelez-vous de ceux-ci : « Notre plus grande gloire n’est point de tomber mais de savoir se relever chaque fois que nous tombons ».

BESSON-Sara-Discours-Concours-dEloquence-2020-2021

NOTRE PLUS GRANDE GLOIRE N’EST POINT DE NE JAMAIS TOMBER MAIS DE SAVOIR SE RELEVER CHAQUE FOIS QUE NOUS TOMBONS.

Cette citation de Confucius devrait être notre moteur, notre boussole, notre devise.

Que signifie-t-elle ? Elle indique que la gloire ne réside pas dans la réussite, dans le souhait de rester au sommet, dans nos efforts pour maintenir cette réussite. Bien au contraire la gloire émerge de nos échecs, de nos essais, de nos tentatives et dans notre volonté de les poursuivre quoiqu’il arrive.
Et c’est rassurant ! Oui, c’est rassurant, car l’objectif à atteindre semble davantage à notre portée : nous pouvons tous alors être des héros, des glorieux car le héros, le glorieux ne sera pas celui qui gagne, qui réussit, mais celui qui apprend, qui tâtonne, qui se trompe, qui échoue mais qui se bat et recommence. Nous pouvons tous être des héros. C’est dans cette combativité, cette résilience que réside la gloire, et il me semble que cette citation de Confucius peut s’appliquer à tous les domaines.
En France on a d’ailleurs souvent préféré les seconds aux vainqueurs, comme lors du Tour de France de 1964 où Jacques Anquetil remporte l’étape du Puy de Dôme devant Raymond Poulidor. Malgré sa deuxième place, l’opinion publique préférera Poulidor à son concurrent et sera considéré comme un héros. De plus l’un des plus beaux matchs de l’histoire de l’équipe de France de football est une défaite, celle contre l’Allemagne lors de la coupe du monde 1982, bien plus que ses victoires en 1998 et 2018.

Mais, commençons par nos premières chutes, nos premiers échecs.
Ah, les échecs ! Nous en avons tous connus, au moins une fois dans notre vie, que ce soit un échec professionnel, financier ou amoureux, nous avons été confrontés une fois dans notre vie à un échec. En général, l’échec constitue une déception plus ou moins forte évidemment mais tout de même. Nous en gardons rarement une expérience positive.
On parle d’échec lorsque nous nous retrouvons dans une situation, qui résulte d’une action n’ayant pas abouti au résultat escompté, vous remarquez comme moi que l’échec n’est donc pas une fatalité.
Et en effet, Winston Churchill disait « Le succès n’est pas final. L’échec n’est pas fatal. C’est le courage de continuer qui compte. »
(Le succès n’est pas une finalité, et il est surtout bien plus enrichissant lorsqu’il a été acquis grâce aux fruits de nos efforts, de nos échecs auxquels ont a fait face et dont on a su se relever.)
L’échec n’est pas une fatalité, c’est un droit et qui plus est, il est inévitable, rares sont ceux qui ont réussi du premier coup sans jamais échouer.
C’est en tombant que nous avons appris à marcher, c’est en tombant que nous avons appris à faire du vélo.
Aujourd’hui l’échec est mal vu dans notre société où il faut réussir, et du premier coup s’il vous plaît ! Mais l’échec n’est rien d’autre qu’un résultat et qui dit résultat, veut dire la possibilité de s’améliorer. D’ailleurs Charles Pepin écrit en 2016 un livre qui s’intitule « Les vertus de l’échec « . Dans son ouvrage ils nous poussent à entamer une réflexion sur l’échec, que celui-ci même s’il n’a pas bonne réputation est peut-être l’unique moyen d’apprendre, de comprendre, de découvrir, d’oser… bref de réussir.
Thomas Edison, célèbre par de multiples inventions dont les plus connues sont le phonographe et l’ampoule électrique à incandescence, a déposé plus de 1 000 brevets dans sa vie. Il savait qu’il fallait d’abord échouer pour ensuite réussir. Il se disait fasciné par tout ce que les échecs lui apprenaient.

Par ailleurs, si on pense aux obstacles à surmonter, on pense également de nouveau au sport.
Dans les disciplines sportives, dans les compétitions, c’est le vainqueur qui est célébré mais rares sont ceux qui réussissent sans échec, sans connaître à un moment ou un autre, l’échec. C’est même à force de tentatives que des sportifs deviennent champions, c’est en affrontant des échecs, les blessures que les champions obtiennent une certaine gloire.
Par exemple, le perchiste Renaud Lavillenie, alors qu’il semble au faîte de sa carrière, médaille d’or aux JO de 2012, se blesse assez gravement au talon en 2014, mais il surmonte sa blessure, redouble d’efforts et il sera médaille d’argent aux JO de 2016, seulement quatre ans plus tard. Sa gloire est, je pense, moins dans ce nouveau titre, que dans le travail et les efforts qu’il a accomplis pour revenir au plus haut niveau.

La citation de Confucius est également valable dans le domaine artistique : quel comédien, quel musicien n’a pas connu d’échecs avant de réussir ? Combien d’artistes ont subi ce qu’on appelle des « traversées du désert » avant de retrouver le succès ? Quel écrivain n’a pas vécu le « syndrome de la page blanche » ? Les chanteurs comme Calogero, Renaud, le groupe Indochine ont tous connu des moments de vides, sans musiques, sans succès, évincés de l’opinion publique car jugés trop ringards.

Et que dire des sciences dont il est tellement question en ce moment ? Aujourd’hui, le monde se félicite d’avoir à sa disposition des vaccins contre la Covid 19, mais là encore, le chemin des scientifiques n’a été que tentatives, essais, échecs, de nouveau tentatives, sans même être certains du résultat. Leur gloire est dans leur volonté de chercher, d’essayer, quand bien même ils n’auraient pas réussi à élaborer le vaccin. Toutes les grandes découvertes scientifiques sont le fruit de multiples échecs, les chercheurs et les scientifiques s’égarent et échouent régulièrement : ce sont ces erreurs qui leur permettent d’avancer.

La résilience est aussi la preuve de la capacité à rebondir après l’échec. Certains se relèvent après avoir été victime de traumatisme qui aurait pu les tuer, les faire renoncer. On pense notamment à Simone Veil, déportée pendant la Seconde Guerre mondiale, rescapée des camps de concentration qui aurait pu abandonner ou essayer de se reconstruire. Mais non elle s’est relevée plus forte et a décidé de mener un combat pour toutes celles qui ne pouvaient pas se battre en défendant une cause : celle de la légalisation de l’avortement.
Des artistes ont également vécu des chocs et se servent de l’art comme exécutoire. L’art leur permet de surpasser leurs traumatismes comme le peintre allemand Otto Dix qui a réussi à se relever après les horreurs qu’il a vécu lors de la Première Guerre mondiale. Cette guerre aurait pu le tuer, l’anéantir que ce soit physiquement durant les combats ou après, au niveau psychologique, une fois la guerre terminée.

Si ces exemples ne convainquent pas car ils semblent encore trop éloignés de nous, simples quidam, simples citoyens, alors intéressons-nous à ces héros anonymes qui ont réussi au cours de leur vie à surmonter des traumatismes, physiques ou psychologiques. Ils ne sont pas devenus des champions, des stars, des médecins, mais ils sont des héros malgré tout.
Ma voisine qui a réussi à se reconstruire après avoir subi les violences de son compagnon, le petit Salim qui s’est inscrit au club de foot malgré sa malformation à la jambe et sa prothèse, Alice qui est devenue ambassadrice contre le harcèlement dans son collège après en avoir été victime : ils peuvent être fiers, ils sont des héros, des glorieux, car ils ont su relever.

Sénèque disait « la vie ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre danser sous la pluie », et en effet, les échecs sont inévitables alors autant apprendre à en tirer du positif. Il faut savoir accepter l’échec pour apprendre, rebondir, réussir.
L’échec est un droit mais ce n’est pas une excuse. Alors, moi aussi, je peux obtenir la gloire : je ne serai peut-être pas qualifiée, ma participation au concours d’éloquence se soldera peut-être par un échec, MAIS cela m’aidera, je vais apprendre, et me servir de tout cela, très vite sûrement au grand oral du bac…, par exemple !

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« Notre plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons » Confucius (551-479 av. JC)

Que pourrait bien nous inspirer cette célèbre citation du philosophe chinois Confucius ? De jolies paroles, vieilles de deux millénaires ou bien un simple dicton trouvé dans ces biscuits de fortune ou peut-être encore un adage poussiéreux dont l’application serait fort compliquée depuis notre simple condition humaine.
Oui, bien sûr, cette phrase peut incarner ces points de vue puisqu’il y a autant de points de vue que d’êtres humains. Cela ne signifie en aucun cas qu’ils sont vrais. Comme rien ne garantit que mon point de vue ne le soit. Je n’ai pas la prétention aujourd’hui de vous apporter la vérité sur ce proverbe mais simplement ce que je pense, ma réflexion, mon expérience.

« Notre plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber » Nous commençons par ce constat : oui, nous tombons. Nous sommes ces êtres complexes, parfois beaux, quelque peu arrogants et très souvent faillibles. Nous tombons.
Mais que cela signifie-t-il ? Ne pas apprendre avant de se rendre à un examen le baccalauréat par exemple, être victime d’une crise sanitaire de surcroît licencier d’un post dans l’aéronautique ou la restauration, perdre un ami, un parent, un enfant injustement. Les manières sont multiples, fréquentes et les raisons d’autant plus. Que celui qui n’est jamais tombé me jette la première pierre, c’est un fait : nous tombons.
Là comme pour les points de vue, les termes sont presque à la hauteur du nombre d’être humain : la vie, le destin, les dieux, l’univers, le karma … Ces forces jalonnent notre parcours d’actions, d’épreuves dont les difficultés sont plus ou moins fortes. Et là encore notre simple condition humaine n’y peut rien, c’est ainsi.
Pouvons-nous citer en exemple Martin Luther King assassiné, Simone Veil raflée en pleine rue à 16 ans, Robert Badinter dont le père n’est jamais revenu des camps ou ces millions de morts pour leur patrie ou pour une quelconque croyance. Les uns, hélas, n’ont pas eu le privilège de pouvoir se relever mais les autres l’on fait, si ce n’est de manière grandiose, avec courage et volonté.

« Mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons » Nous poursuivons par un second constat : oui, nous nous relevons. Nous sommes ces êtres complexes, parfois beaux, quelque peu arrogants, très souvent faillibles mais dotés de la formidable capacité de résilience. Vous me direz « que cela apporte-t-il de plus au portrait déjà bien encombré ? » et-moi de vous répondre « tout ! Donnez de la peinture à un enfant et demandez-lui s’il veut encore laisser sa feuille blanche ». Je ne sais pas si formidable est un bon qualificatif, du moins cette heureuse aptitude que nous avons à nous construire, à vivre de la manière la plus satisfaisante en dépit de circonstances traumatiques rend notre vie résolument acceptable, fermement défendable et profondément appréciable.
Et plusieurs en témoignent, à chaque instant comme la joueuse de tennis Pauline Déroulède : fauchée à 26 ans à même le trottoir par un automobiliste alors qu’elle rêvait d’une carrière glorieuse. Elle aurait pu tout envoyer paître, elle en avait l’occasion et l’envie, elle en avait même le droit. Mais elle ne l’a pas fait, elle a su faire preuve d’une incroyable résilience.

Cette sportive a tenu bon, travaillé sans relâche, retrouvé l’usage de sa jambe et compris le fonctionnement de sa prothèse, elle a apprivoisé son nouvel ami : le fauteuil roulant et rêve aujourd’hui d’or olympique.
De plus, nous nous devons de nous relever, il le faut. D’abord pour nous même : n’avez-vous jamais eu ce sentiment de fierté après avoir surmonté une épreuve ? Puis pour nos enfants, nos proches, pour toutes les personnes qui tiennent à nous.
Après avoir été déportée, Mme. Veil aurait pu en vouloir à la terre entière et chercher des coupables, des responsables. Et bien non, elle a préféré consacrer sa vie à son pays, pour le défendre et le faire progresser notamment en autorisant toutes les femmes, les citoyennes comme elle à interrompre volontairement leur grossesse. M. Badinter quant à lui, orphelin à cause d’un crime, n’a jamais cessé de croire que la mort, en aucun cas ne saurait être une réponse de la démocratie et l’a faite abolir. Ici encore les manières sont multiples, fréquentes et les raisons d’autant plus, et nous nous relevons.

Quelques mots encore et j’en aurai terminé. Pic de la Mirandole écrivait dans La Dignité de l’homme « Par ta propre puissance, tu pourras dégénérer en prenant les formes les plus basses de la vie, les formes animales ; par ta propre puissance, tu pourras, grâce au discernement de ton âme, renaître dans les formes les plus hautes, les formes divines. » Nous avons ce pouvoir, parfois extrêmement fort de faire des erreurs et nous possédons également ce pouvoir de recommencer alors faisons des erreurs, trompons-nous, échouons ; avec du travail, de l’abnégation et aussi un peu d’obstination, nous pourrons, peut-être, caresser délicatement la nue.

TEILLARD-Clement-Discours-Concours-dEloquence-2020-2021